L’hibiscus

 

Une fois les restrictions sanitaires levées, j’ai eu la chance d’aller explorer les fonds marins de la Mer Rouge. J’ai pu y découvrir et trinquer à notre bonne santé à tous autour d’un verre de karkadé, boisson égyptienne extraite des fleurs d’hibiscus. Cette recette vous est par ailleurs expliquée dans ce numéro. Pour ne pas fâcher les autres continents, il existe aussi le bissap en Afrique de l’Ouest ou encore l’agua de Jamaïca au Mexique.

 

L’hibiscus est l’emblème national de la Corée du Sud et de la Malaisie, où il symbolise la persévérance et la détermination. Cultivée principalement pour sa richesse ornementale, cette fleur aux cinq grands pétales de la famille des malvacées renferme plus d’une centaine d’espèces, mais c’est surtout Hibiscus sabdariffa qui est comestible et regorge de bienfaits pour la santé.

 

Les fleurs sont plus souvent consommées sous forme de tisanes. Sans théine, elles peuvent être servies tout au long de la journée. De la sphère intestinale, en passant par le système cardiovasculaire, la peau, les voies urinaires… de nombreux tissus peuvent prétendre tirer le meilleur de ces fleurs. Quant à leurs couleurs, elles laissent imaginer la présence de puissants antioxydants (caroténoïdes, anthocyanes…).

On le dit souvent, plus les nutriments et aliments sont porteurs d’antioxydants et plus nos artères, nos résistances insuliniques, notre cerveau, notre régulation énergétique…, bénéficient de leur potentialité et de leur synergie. C’est ce qu’ont pu constater des études observationnelles qui remarquent l’amélioration de l’état de santé de sujets consommant des fleurs d’hibiscus : souplesse vasculaire et donc moins d’hypertension, baisse du cholestérol, des triglycérides et de la glycémie, meilleur contrôle du poids, amélioration de l’immunité…

Les infusions d’hibiscus pourraient même permettre de lutter contre certains états “dépressifs” en améliorant des signaux tels que la fatigue et le manque de motivation. La richesse en vitamine C des fleurs pourraient expliquer cette bienfaisance sur la fatigue et les troubles nerveux, mais, vraisemblablement, les polyphénols connus ou à découvrir doivent améliorer également ces actions positives.

Traditionnellement reconnues pour leur propriété uricosurique, c’est-à-dire faire baisser le taux d’acide urique par une élimination rénale, les fleurs d’hibiscus pourraient contrôler cette élévation de l’acide urique responsable de cette fameuse crise de goutte et de ses douleurs du gros orteil !

 

Même si son usage est plutôt cosmétique, citons l’huile d’hibiscus, produite à partir des graines contenues dans les fleurs de la plante, elle contient en plus des dérivés de la vitamine E qui sont de puissants antioxydants naturels combattant les dommages cellulaires. Nourrissante et régénérante à la fois, l’huile d’hibiscus aide à renforcer le film hydrolipidique de la peau. Ces caractéristiques participent à améliorer l’hydratation de la peau, sa souplesse et son élasticité. Acides gras et antioxydants de cette huile seront fort appréciables pour lutter contre le vieillissement cutané, la déshydratation ou la réparation de l’épiderme. On est même allé jusqu’à donner à cette plante le surnom de plante « Botox » !

 

Dr Pascal Guerit

Docteur en pharmacie, DU Diététique et nutrition

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